À quel moment faire l’amour pour la première fois ?

Après s’être connectés, avoir échangé, s’être rencontrés, une autre forme de connexion se profile : celle de nos peaux et de nos corps. Moment important, et souvent émouvant, où un autre dialogue va s’établir, où nous allons nous découvrir autrement et faire tomber des barrières.

Les clichés de la première fois

À cet instant crucial, deux attitudes s’opposent.

La première qui nous invite, nous les femmes – puisque paraît-il seuls les hommes sont obsédés par “la chose”… – à ne pas nous donner, à laisser grandir le désir de l’autre avant de répondre à ses sollicitations.

La seconde option – un peu moins répandue – en est l’exact contraire : si, nous les femmes, voulons retenir un homme, il faudra lui offrir au plus vite ce à quoi il pense sans cesse. Et si nous sommes de “bonnes” amantes, nous nous assurerons son amour et sa dévotion. Et si, pour couronner le tout, nous cuisinons bien, il sera définitivement ferré…

L’homme, cet animal sexuel

Ces deux théories finalement se rejoignent. Elles ont en commun de poser l’homme comme le seul animal sexuel, et nous, les femmes, comme détentrices de quelque chose de précieux qu’il s’agira de conserver le plus longtemps possible ou de livrer rapidement pour nous aliéner notre amant. Lequel sinon s’en irait voir ailleurs… Ce que ces principes ont également en commun, c’est de ne laisser aucune place à nos désirs, forcément particuliers à chacune, forcément différents selon nos humeurs, selon notre interlocuteur, selon la rencontre.

Faire l’amour, pas de vérité établie

Il est temps, pour commencer, de nous débarrasser des « vérités » qui imputent aux hommes un fort appétit sexuel, et à nous les femmes un romantisme éthéré qui ne nous dispose pas aux galipettes. Il ne faut pas confondre le poids culturel – qui, il y a peu, nous interdisait toute idée coquine – et ce qui s’agite dans nos corps et nos fantasmes. Nous aussi les femmes avons des désirs, et nous avons aussi envie de faire l’amour. Des envies que nos carcans éducatifs, que des siècles d’interdits et que des doutes persistants bâillonnent encore. Et que ces stratégies continuent de conforter.

Les mystères du désir

Le désir sexuel est imprévisible, capricieux, quelquefois impérieux. Il nous “tourmente”, nous les femmes, depuis toujours ; il n’agit pas de façon mécanique chez les hommes, eux-mêmes décontenancés par leur ambivalence. Pour preuve : n’avons-nous pas vécu, nous les femmes, ces pannes incompréhensibles dans l’état d’excitation qui était le nôtre, quand tout, en nous, disait « oui ! » et que rien ne se manifestait ?! Nos désirs, par leur exigence ou leur absence, racontent et révèlent nos contradictions intimes, nos culpabilités insoupçonnées et la peur d’être débordées par nos pulsions.

Alors quand faire l’amour ?

Alors quand faire l’amour pour la première fois ? Quel est le bon moment pour s’abandonner ? Quand la force du désir l’emporte sur notre raison, sur nos réticences ou nos calculs. Le bon moment est celui où le « J’en ai envie ! » nous impose de nous laisser aller au plaisir sexuel, sans se demander ce qui se passera demain. Il est important d’être au diapason de nos sensations, même si nous craignons leur “emballement”. Que risquons-nous, à embrasser nos élans et à nous laisser porter par eux ? Le risque n’est-il pas plutôt de passer à côté de l’autre, parce que nous sommes passées à côté de nous ?