1er rendez-vous : décodez ses gestes

Ses mains, ses bras
Il a beau ne pas être italien, le Bob, il parle avec ses mains. Même s’il a l’impression que pas du tout…
Bon, alors, le premier truc à faire en morphopsychologie (technique dont les premières ébauches remonteraient aux calendes grecques, quand Hippocrate était encore de ce monde), c’est observer. Et on va commencer par les mains. Parce que c’est facile à surveiller sans avoir l’air de rien. Et parce que c’est étonnement éloquent. Explications.
Situations :
-Elles sont jointes mais détendues ? Il est confiant, Bob. Il est même quasi sûr de vous faire respirer l’odeur de sa housse de couette, dûment lavée et même assouplie pour l’occase.
-Elles sont serrées et contre lui ? Il fait extrêmement attention à ce qu’il vous raconte. Dans sa tête, ça donne « Surtout, ne pas m’emmêler les pinceaux, surtout ne pas me planter. »
-Il se tord les mains, ou les passe dans ses cheveux ? Il est nerveux, impressionné… En même temps, il y a de quoi : vous êtes devant lui, resplendissante.
-Il croise les bras ? Il est sur la défensive : des bras qui cachent le coeur, gardent les sentiments.
-Il se gratte le bras ? Il est un brin exaspéré. Bah, pourquoi, Bob ? Cool…
Poing serré, pouce rentré ? Prudence. C’est un agressif, ascendant je m’protège au cas où.
-Il a posé sa tête dans ses mains ? Il s’ennuie. On n’ajoutera pas à cent sous de l’heure. Ni comme un rat mort. Mais c’est vraiment pour préserver votre ego…
-Il tient sa nuque ? Il vous montre qu’il est intéressé. Si, si, on vous jure !
PS : S’il pose sa main sur votre hanche, c’est qu’il est raide dingue de vous, hein, on est bien d’accord ? Non, parce que la morphopsychologie, ça a ses limites aussi. Le bon sens par exemple…

Ses yeux, son regard
Les yeux sont le miroir de l’âme…
Variantes au choix : ils sont son reflet ; ou ses fenêtres. C’est un vieux truc, un proverbe communément admis par tous, mais dont on ne sait qui l’a formulé en preum’s. Même après une intensive recherche sur Google, c’est dire. Au fil des siècles, c’est donc devenu crédible. Véridique.
Situations :
-Il a le regard fuyant ? N’en concluez pas que Bob est fourbe : il n’est que timide.
-Il baisse les yeux après un regard rapide ? Petit signe qui veut dire qu’il vous fait confiance, qu’il est ultra d’accord avec ce que vous venez de dire.
-Son regard est neutre ? Ah ! Le fameux type « merlan frit »… Il tente de cacher derrière une apparente neutralité, son admiration sans aucune borne de limite.
-Son regard est fixe ? Il attire votre attention sur son envie de vous connaître plus intimement. Bon, OK : sur son envie de vous, tout court.
-Il soutient votre regard toutes pupilles contractées ? Tel le paon (ou le coq), il vous montre qu’il est prêt au combat. C’est bien un mec, ça…
Ses pupilles sont dilatées ? Il est tombé sous le charme. Même ses yeux n’en reviennent pas.
-Son regard part à gauche quand vous lui demandez s’il aime les sushi ? Il les déteste !
-Il part à droite ? Il y a de fortes chances qu’il vous invite chez le Japonais ce week-end. Attention ! S’il est gaucher, c’est tout le contraire.
-Ses yeux regardent vers le bas ? Il réfléchit, fait appel à ses émotions, sensations, souvenirs. Emu, le Bob, ému…
PS : Ses yeux sont clos ? Soit il réfléchit très sérieusement à la profondeur de vos propos. Soit il est narcoleptique.
Ses pieds, ses jambes
Y a pas à dire : il vous fait du pied. Et même des ronds de jambe…
Pas besoin de morphopsychologie, vous dites-vous, pour comprendre son message, au Bob. Sauf que… Sauf que ce qu’il raconte n’a aucune importance. En effet, on ne capte un message en ne s’appuyant qu’à 7% sur… les mots. Le ton de la voix compte pour 38%. Le langage du corps compte, lui, pour… 55% ! De quoi vous convaincre de jeter un coup d’oeil sur ce que Bob trafique avec ses membres inférieurs.
Situations :
-Ses jambes sont décroisées ? Il est honnête. En tout cas, pas assez torturé pour vous faire un plan foireux.
-Elles sont croisées ? C’est un geste de protection : il résiste, Bob, prouve qu’il existe et cherche son bonheur partouuuuut !
-Elles sont ostensiblement étirées ? Petit rappel à l’ordre : ça ne se fait pas. Donc, 1, il est limite mal élevé. 2, il veut vous faire croire qu’il est sûr de lui.
-Elles sont écartées, pieds à plat sur le sol ? Bon, là non plus, ça ne se fait pas. Mais on lui pardonne parce qu’il met ainsi les point sur les i : il veut vous séduire.
-Il tape du pied, fait bouger sa jambes, donne des coups dans la nappe ? Sous pression, Bob cherche à se rassurer par ces micro-mouvements apaisants.
-Ses pieds, ses genoux, ses jambes sont tournés vers l’intérieur ? Ca craint ! Enfin… C’est lui qui craint le monde extérieur.
-Tout le toutim est, à l’inverse, tourné vers l’extérieur ? Il s’agit d’une attitude de partage qui marque son ouverture aux autres. En l’occurrence, à vous.
PS : Vous pourrez ultérieurement étudier la forme de ses pieds, extrêmement significative d’un point de vue psy. Toutefois, un conseil : ne lui demandez pas dès maintenant d’ôter ses chaussures, sous peine de passer pour une fétichiste. Ce qui n’est nullement condamnable mais peut impressionner…
Sa bouche, son sourire
Shakespeare vous aura prévenue : « On peut sourire et sourire. Et pourtant être un scélérat ! »
Petite info qui a son importance. Une très sérieuse étude allemande a démontré que, partout sur la planète, les sourcils s’élèvent et s’abaissent en un sixième de seconde, quand on salue quelqu’un par un sourire. Si Bob ne vous a pas sourit avec les sourcils, vous pouvez considérer que c’est un extra-terrestre…
Situations :
-Il a le sourire franc et chaleureux ? Il est sincèrement heureux de faire votre connaissance.
-Il n’ose pas sourire ? Il cherche désespéramment à dominer la situation. Et c’est pas gagné, Bob…
-Il sourit en permanence ? Son masque de bonne humeur cache une gêne certaine.
-Il grimace en tendant la commissure de sa lèvre vers sa joue ? Signe d’hypersensibilité, selon les pros de la morpho.
-Il mordille ses lèvres ? En panique, Bob manque cruellement de self-contrôle.
-Il se lisse la commissure des lèvres ? Vous pouvez être sûre d’être face à un simulateur.
-Il est doté d’une grande bouche ? Gourmandise et exubérance sont ses maîtres mots.
-Sa bouche est petite ? De deux choses l’une : soit c’est le signe d’un repli sur soi ; soit celui d’une certaine pudeur.
-Il a plutôt une bouche harmonieuse, bien proportionnée ? Equilibré, le Bob a trouvé la juste mesure entre instinct et sentiment. Comprenez que s’il vous désire, c’est aussi qu’il vous aime (un peu, quand même).
PS : S’il vous embrasse, vous dîtes-vous, c’est gagné. Eh bien, pas tout à fait. Un baiser sur les cheveux signifie tendresse. Sur le front, amitié. Dans le cou, passion. Sur les oreilles, fidélité. Sur les yeux, il veut dire « Je t’aime mais je n’ose pas te le dire ». Et sur la bouche ? Sur la bouche, alors, avec la langue… Non ! On rigole. Sur la bouche, c’est effectivement gagné.

Sa posture, son attitude
Dites-nous comment il se tient, nous vous diront qui il est !
En vue de faciliter nos explications, nous partirons du principe que Bob est un homme galant qui maîtrise le savoir-vivre. Et que, donc, pour ce premier rendez-vous, vous buvez un verre en tête-à-tête, chacun confortablement assis de part et d’autre d’une table. Si malheureusement, vous êtes à la fête foraine, sur un grand 8, nous ne pouvons rien pour vous…
Situations :
-Il s’est installé bien face à vous, buste en avant ? D’un naturel franc, Bob veut engager une communication directe avec vous. Sans détours.
-Il est de trois-quarts ? Diplomate, il cherche plutôt des compromis. Il a une peur bleue des conflits, même verbaux.
-Tout son corps est sur le côté ? Vous pouvez soupçonner un brin d’indifférence pour vos beaux yeux. Oui, on sait, c’est moche.
-Il se penche en arrière sur sa chaise ? En pleine possession de ses moyens, il veut vous montrer que sa confiance en lui est aveugle.
-Il est assis sur le bord de la chaise ? Il s’approche, le bougre… Ce geste évoque une facilité d’expression, une aisance naturelle.
-Penché vers vous, dans votre espace perso ? Halte-là ! L’attitude n’est pas dénuée d’agressivité. Bob aurait comme une envie de vous priver d’oxygène que ça ne nous étonnerait pas.
-Il est droit comme un i, a délimité l’espace par un mur virtuel ? Il vous respecte, tout simplement. Mais il attend (comme un dingue) que vous l’invitiez dans votre monde.
PS : Souvent, dans les fêtes foraines, il y a des buvettes… Nous, on dit ça, mais c’est vous qui voyez. Si vous préférez le grand 8, on n’a rien contre. Mais c’est plus dur pour décrypter les gestes de Bob qui risqueraient de ne pas trahir grand-chose à force de partir dans tous les sens. Et avouez qu’avec tout ce que vous savez maintenant, ce serait ballot.

Aurore Aimelet
D’après « La synergologie » de Philippe Truchet et « Ces gestes qui vous trahissent » et « Ces gestes qui nous séduisent » de Joseph Messinger