La peur du célibat

On connaît tous quelqu’un qui papillonne de relation en relation, qui quitte son partenaire seulement quand il en a un autre sous la main, et qui n’a pas passé une nuit seul depuis 1998. Et bien, croyez-le ou non, la peur du monde terrifiant et exotique du célibat porte un nom : l’anutaphobie. Les cas les plus extrêmes peuvent se faire soigner.

On connaît tous quelqu’un qui papillonne de relation en relation, qui quitte son partenaire seulement quand il en a un autre sous la main, et qui n’a pas passé une nuit seul depuis 1998. Et bien, croyez-le ou non, la peur du monde terrifiant et exotique du célibat porte un nom : l’anutaphobie. Les cas les plus extrêmes peuvent se faire soigner.
Mais pourquoi la vie de célibataire pousse-t-elle certains à courir désespérément d’une relation de longue durée à une autre, ou pire, à croire qu’une mauvaise relation vaut mieux que l’absence de relation ?

N’avoir personne à prendre dans ses bras
Ceux qui ont l’habitude d’avoir un camarade de lit ont du mal à envisager une vie sans. Partager sa couche a bien entendu ses avantages ; surtout dans le froid de l’hiver si vous avez une bouillote humaine qui ne demande pas de préparation et reste chaude toute la nuit.
Certains anutaphobes se déclarent même incapables de dormir si leur partenaire est absent pour la nuit. Secouez-vous et rendez-vous à l’évidence, il y des avantages et ceux-ci sont nombreux : pas de bruit (ronflements, respiration bruyante ou flatulences), personne pour vous voler la couette, et la liberté totale de vous rendre vous-même coupable de ces actes antisociaux.
Cherchez de l’affection ailleurs – parents, amis et même collègues de bureau. Si vous vous sentez téméraire, pourquoi ne pas serrer le gars de la sécurité revêche dans vos bras, vous en tirerez peut-être même un sourire (même si c’est juste parce qu’il est terrorisé). Des études scientifiques démontrent même que les câlins ont des effets bénéfiques sur la santé ; ils réduisent entre autres la tension et soulagent le stress. En bref, réserver ces embrassades à un seul et unique compagnon est en fait mauvais pour la santé.

Ne pas venir systématiquement accompagné
Pour beaucoup, un partenaire est une béquille sociale – celui ou celle que vous traînez systématiquement avec vous aux soirées, obligations familiales et autres dîners. C’est votre excuse pour rentrer tôt et votre chaperon qui vous reconduit à la maison quand vous avez bu un verre de trop. Si vous êtes habitué à cette forme de compagnie permanente où que vous alliez, la perspective de le faire seul peut sembler profondément terrifiante.
Mais combien de fois êtes-vous allé à une fête sans prendre la peine de discuter avec des inconnus parce que vous étiez déjà accompagné ? Le célibat offre une liberté sociale aussi palpitante qu’effrayante, mais il ne devrait pas faire l’objet d’une phobie.

Avoir un vide à combler
Pour certains adeptes du partenariat éternel, c’est comme si on était destinés à affronter la vie de manière autonome jusqu’à l’âge adulte, moment où nos capacités d’adaptation s’épuisent et où nous avons besoin de quelqu’un d’autre pour combler le manque. Et dire que ces pauvres célibataires doivent faire face à l’assaut quotidien des prises de décision tout seul, du genre : quelle couleur de papier toilette faut-il acheter et que pense-t-il de l’état actuel du monde.
Ces gens ont tendance à être les principaux fidèles du « nous ». « Nous adorons l’Algarve. Nous arrêtons de boire pendant un mois. » Pour eux, le célibat est un état évolutif tragique et dépassé. Nous, on trouve que c’est un peu ridicule.

Difficile de trouver quelqu’un d’autre
Pour certains, la peur de la solitude prend le pas sur toutes les autres raisons valables de mettre fin à une relation exécrable. La plupart d’entre nous en avons probablement fait l’expérience dans une mesure variable – préserver une relation qui ne mène nulle part et justifier la peine qu’elle nous cause en se persuadant d’une manière ou d’une autre que l’alternative (le célibat, et la perspective effrayante d’attendre on ne sait combien de temps que le prochain partenaire débarque) est une bonne raison de persévérer.
En fait, rien n’est plus pesant que la solitude que l’on peut connaître dans une relation sans amour/destructrice/dysfonctionnelle, et être capable de s’en rendre compte représente un bien plus grand défi que de devoir affronter la perspective apparemment terrifiante de trouver quelqu’un d’autre.

Tous vos amis sont en couple
Quand votre relation dure depuis un certain temps, votre vie sociale a tendance à se transformer en une succession de sorties en couple ou, au mieux, d’activités destinées aux couples. Votre partenaire s’entend bien avec le partenaire d’un tel ou d’une telle, et tout est commode et confortable, à tel point que mettre fin à une relation signifie bien plus que rompre avec quelqu’un, ça revient à saper les fondements des structures sociales de votre groupe.
Inquiétant ? Pas vraiment. Les groupes sociaux évoluent et s’adaptent aux entités qui les composent. Célibataire depuis peu, vous aborderez vos amis différemment. Regarder à l’extérieur de la bulle du couple signifie que vous ne cherchez plus ce qui est compatible avec votre couple, ce sont vos intérêts et vos opinions qui comptent. Et vous serez certainement amenés à découvrir d’autres facettes intéressantes de vieux amis.

Les gens se demanderont ce qui ne pas chez vous
Rien de pire qu’une personne en couple qui vous demande pourquoi vous êtes célibataire. Vous vous sentez aussitôt inférieur, jugé et prêt pour la léproserie. La question vous oblige aussi à inventer une sorte de réponse plausible et à mesure que vous scannez votre cerveau à la recherche d’une riposte adéquate, vos vieilles insécurités (trop gros, nul au lit, mauvaise haleine) ressurgissent inévitablement. Avant même de vous en rendre compte, vous vous excusez de votre situation matrimoniale et promettez de redoubler d’efforts.
Mais un jugement d’une telle ampleur est subjectif. En fin de compte, il ne tient qu’à vous de déterminer à quel point le regard des autres influence votre conception de la situation.